André-Jacob ROUBO - Le Forum

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#1 09/04/2018 03:22

jrbastien
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Normes de reproduction des planches

Bonjour, je m'aventure sur un terrain glissant ici qui j'espère ne mettra pas fin à notre brève collaboration.

Comme pour l'OCR, je crois être en mesure d'automatiser une grande partie de ce travail.  Mais au préalable il est important de de définir les normes techniques à respecter.  Je vois que vous êtes une personne qui ne fait aucun compromis sur le texte alors j'imagine que c'est la même chose pour la reproduction des planches.

Sur vos planches, je remarque qu'elles montre la courbure des pages lorsque mis à plat dans le scanner.  Ils n'ont probablement pas utilisé un appareil comme ceci: DIY Book Scanner..  Ce projet est intéressant, ils ont commencé en fabriquant un scanner avec des bouts de bois et de vieilles caméras numériques et en fournissant les plans à tous.  Les plans sont toujours fournis mais maintenant, on peut acheter un kit complet à bon marché.  Le site propose aussi des outils logiciels pour corriger les scans obtenus.

Mais je m'égare, je voulais vous mentionner que vos reproductions sont de toute beauté mais cette légère courbure m'agace.  Y-a-t-il une raison spécifique qui vous a décidé à utiliser les images de e|rara plutôt que celles de l'Internet Archive qui n'ont pas cette courbure?

Pour ce qui est de la spécification, le programme (ou l'humain) devrait:

  1. Reconnaître le cadre

  2. Corriger l'orientation

  3. Corriger le cisaillement

  4. Appliquer un filtre antiparasite correspondant au niveau de noir maximum de l'arrière plan.

  5. Appliquer ce filtre en mode division

  6. Mettre le cadre à dimension fixe pour que toutes les planches soit pareils au pixel près.

  7. Centrer le cadre dans le format voulu afin d'obtenir des marges constantes.

  8. La résolution devrait être idéalement de 300 dpi.


En appliquant cette technique de façon manuelle pour l'instant j'obtiens ce résultats: Planche 12 (pardonnez-moi j'utilise encore mon Dropbox)

Curieusement, en imprimant la votre et la mienne, je trouve la vôtre meilleure même à 100 dpi (la mienne étant à 300).  Par contre les différences sont assez minimes.  Cette méthode prend environ 5 minutes, je ne sais pas pour la vôtre.

Bref, j'aurai besoin de planches pour mon eBook alors je me demande si vous m'autorisiez à utiliser les vôtres ou bien peut-être m'attaquerai-je à les refaire pour supprimer cette courbure.  En espérant ne pas vous avoir froissé.  ops

Hors ligne

#2 11/04/2018 21:00

smcj
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Site Web

Re : Normes de reproduction des planches

Bonjour à vous Jean-René ; bonjour à tous,

Merci d’avoir ouvert ce fil ici. Il me permet, idéalement, d’écrire dans cet endroit des choses que je n’ai pas envie d’expliquer ailleurs (par exemple sous forme de page Web).

Partez bien du principe qu’il n’est je crois pas chez moi de « terrain glissant ». Je fais des choix pour le présent site, je les assume complètement. Si vous voulez faire votre propre miroir, je n’y vois pas le moindre inconvénient. Mais j’irai jusqu’au bout de mes choix, aussi parce qu’une fois déterminés, il est important d’aller jusqu’au bout.

Votre post ci-dessus entraîne une réponse circonstanciée pour chacune des questions qu’il pose. Ma réponse est à proportion et j’entends bien qu’elle est énorme, peu en usage sur la forme forum. Mais vos questions me permettent, aussi, de témoigner de choix faits « en conscience » et je suis maître des lieux ; ici comme ailleurs, je n’ai aucune peine à assumer.

Il est, pour commencer, sans doute beaucoup moins pour vous (loin s’en faut) que pour d’autres qui peuvent nous lire, nécessaire de rappeler ici deux concepts fondamentaux, à savoir ce qu’est « la définition » d’une image numérique ainsi que sont « les images natives » d’une production.

La définition.

La définition (exprimée en DPI) n’est jamais rien d’autre qu’une déclaration adjointe à une image matricielle en deux dimensions. DPI, cela veut dire Dot Per Inch, soit nombre de points par pouces. Un pouce (américain et contemporain), c’est 2,54 centimètres. Donc si votre image fait 1000 points de large et qu’elle est déclarée à 100 DPI, alors elle sera IMPRIMÉE sur du papier avec 254 millimètres de large. Divisez la déclaration en question par deux, l’image aura TOUJOURS 1000 points de large mais l’impression sur papier passera à 508 millimètres de large (254 × 2). À l’inverse multipliez la déclaration en question par deux, l’image aura TOUJOURS 1000 points de large mais l’impression sur papier passera à 127 millimètres de large (254 ÷ 2). J’insiste lourdement sur ce point parce que c’est encore très rarement compris comme tel : Dot Per Inch très bien ; mais les pouces ce sont des pouces mesurés sur du papier, pas sur un écran. Cela veut aussi dire que les imprimantes sont capables de concentrer très facilement les points. C’est infiniment plus compliqué pour les écrans (le réglage se fait au niveau de la carte graphique et par le système d’exploitation ; et vous ne jouez pas à cela tous les jours).

Toutefois, sur un écran, on fait apparement quasiment ce que l’on veut... Un fichier graphique bitmap, il a X points de large et Y de haut. C’est tout. Maintenant je ne connais pas un logiciel qui ne soit pas capable de bidouiller tout ça pour vous l’afficher plus petit (il fera sauter des points) ou plus grand (il en extrapolera). La moindre balise <img> en HTML possède les attributs « width » et « height » avec lesquels vous pouvez faire ce que vous voulez y compris les anamorphoses les plus crasses. Ça ne modifie en RIEN l’état de votre fichier qui fait toujours X points de large et Y de haut (et le poids-octets qui va avec) ; c’est juste une question d’affichage. Afficher à 100 % dans Gimp (ou dans n’importe quel logiciel graphique, navigateur Web compris) c’est afficher UN point de l’image (fichier) sur UN point de l’écran. Point barre...


Les images natives.

Comme je le spécifie dans la note de bas de page numérotée 2 de ma présentation, si Internet Archive permet (admirablement) de rapatrier très simplement les images natives dans un fichier ZIP pour chaque volume scanné, c’est TRÈS loin d’être le cas tant de Gallica que (surtout), d’E|rara. Zoomer à fond dans les deux visualiseurs de ces deux bibliothèques distinctes est aisé ; on est bien content d’avoir les détails... Et-c’est-TOUT. Hors de la maison-mère, point de salut, pas de clic droit pour « Enregistrer l’image sous... ». Chez Gallica, vous aurez l’état affiché dans un PNG URL-encodé en base 64 (mais juste le bout affiché) et E|rara vous donnera un carré de 512 × 512 pixels du lieu où vous aurez cliqué, zoom à fond pour les deux visualiseurs des deux bibliothèques en question.

C’est exactement le genre de choses, à l’exact contraire de ce que vous semblez croire pour ma propre personne, qui, comme on dit en France, me les brise menu... Ce site répond à cette exaspération ; et nous aurons, vous et moi, et dans le présent fil, à y revenir. Pour l’heure, notez juste que mon niveau informatique est suffisant pour avoir, de manière privative, parfaitement rapatrié, sous forme de fichiers, les versions natives usitées par ces bibliothèques.

____________________________________________________


Dans les fichiers PNG déposés chez Wikipedia Commons, je me suis attaché à ne surtout pas déclarer la moindre déclaration de définition DPI. Pourquoi ? Simplement parce que je n’ai aucune idée réelle et précise des dimensions originales du papier. Je connais une personne qui possède un exemplaire de l’édition originale ; nous pourrions, aussi, prendre les mesures en bibliothèque. Mais nous savons encore que le retrait du papier, lors du mouillage à l’impression, fut quelquefois problématique, pas forcément pour cette édition-là, mais pour d’autres, de l’Académie Royale des Sciences qui demandaient des Planches d’une grande précision (visibles sur Gallica) puisqu’elles se fixent le but de communiquer des mesures à l’échelle 1. En fait, je ne suis pas certain qu’il se trouve un seul exemplaire ancien dont le tirage soit identique en taille. Et puis, cela n’a aucune importance ; le fait de ne rien déclarer vous laisse totalement libre de télécharger le PNG depuis Wikimedia Common et d’en faire ce que vous voulez, de le découper, de le triturer, d’en extraire un bout avec Gimp si ça vous chante ou PhotoProut si c’est vot’ truc...

La Planche 12 que vous nous donnez à télécharger aujourd’hui fait exactement 1640 pixels de large sur 2320 de haut. Le fichier fait 2203 ko et la colorimétrie de l’image est établie en niveaux de gris, soit une indexation de 256 niveaux (8 bits par pixels).

Expérience amusante et quelque peu digressive pour l’heure : avec Gimp, changez le mode de l’image en couleurs indexées et choisissez de générer une palette optimale avec un nombre maximal de couleur de 16. Observez la différence au pesé du poids-octet du nouvel export en PNG...

La Planche 12 que je donne à télécharger fait exactement 2684 pixels de large sur 3993 de haut. Le fichier fait 1085 ko et la colorimétrie de l’image est établie en 16 niveaux de gris (4 bits par pixels).

On arrive à cet exploit (dont je ne suis pas exactement mécontent...) en supprimant purement et simplement TOUT point qui n’est pas signifiant graphiquement parlant. Zoomez votre propre version dans les blancs ; elle est encore pleine de points gris... Ce n’est PAS blanc. Donc cela gène la compression PNG ; donc cela alourdit le poids-octets.

Mais il y a, selon moi, beaucoup plus... Par exemple, vous n’ignorez évidemment pas le travail tout à fait remarquable de traduction de Roubo en anglais par Lost Art Press. Il ne s’agit que d’une petite partie, mais c’est évidemment déjà beaucoup pour nos amis américains. Surtout, ils ont eu la bonne idée d’utiliser une technique, aujourd’hui complètement évidente, d’incorporer l’iconographie au texte, et même de rajouter des encadrés de commentaires pour éclairer un propos qui reste historisant. Dans le cadre d’une traduction, c’est évidemment remarquable. Un exemple de quelques pages est donné dans ce PDF. Portez votre attention sur la page numérotée 35 (page 4 du PDF). Nous avons là du texte (avec une très laide orpheline qu’une espace insécable aurait évité s’il avait été porté une attention à son systématisme occurrentiel...) et trois illustrations issues de la Planche 278. Celles-ci sont extraites par un vulgaire couper-coller de leurs propres fichiers de Planches. Comme ils n’ont pas fait disparaître le papier, l’extraction est forcément rectangulaire (ou alors, ce serait ridicule et très laid). On est donc gratifié d’un petit bout d’arrière-train de scieur de long en Figure 11 et d’un bout de presse en Figure 10. Je trouve ça très ... moche. Je vous donne à voir la même page (j’espère qu’ils ne m’en voudront pas trop...) mais pourvue des Figures de la version publiée sur Wikimedia Commons (passez-moi s’il vous plaît l’absence de justification à droite du texte ; LibreOffice avec lequel j’ai fait ce test n’est pas fait pour ça et ce n’est pas, ici, le but de ma démonstration). Selon ma propre perception des choses, les images se mettent à faire corps avec le texte ; j’y vois là une french touch pour laquelle je poursuis la souscription... Et si vous zoomez sur les Figures, sachant que je n’ai pas enlevé un seul pixel, nous sommes là dans une version numérique qui s’économise l’artefact Jpeg et qui, donc, même si elle le paie chèrement en poids-octets, n’est pas exactement du même ordre qualitatif. Ma propre extraction s’est faite en deux minutes à partir du PNG de Wikimedia Commons. Un professeur de menuiserie peut faire la même chose pour son propre cours. Vous pouvez faire tous les eBooks de la création si cela vous chante, rajouter une déclaration de transparence sur le blanc pour le passer sur votre site Web dont le fond est de couleur fuchsia (mais non Jean-René, je plaisante !) : prenez et mangez en tous ; ceci n’est pas mon corps, mais c’est livré pour vous... Le format PNG ne compresse pas de façon destructive ; on peut presque considérer les Commons comme natives. Mais si quelqu’un me demande mes propres natives utilisées dans Gimp, même si c’est beaucoup trop lourd à mettre en ligne, je reste privativement à sa disposition.

Il nous faut maintenant évoquer les différences graphiques entre les versions des trois bibliothèques retenues dans ce projet. Pour avoir fait un essai, je ne pense PAS que le présent forum redimensionnera les images qui suivent pourvu que votre écran soit assez grand (évitez-vous le smartPhone, c’est mauvais, de toutes façons)... Ma démonstration porte sur un détail de la Planche 12, non retouché mais dans les dimensions des versions natives ; un point de votre écran, dans votre navigateur Web, c’est un point de l’image-fichier :

Voici la version native d’Internet Archive :
exemplePl12NativeIA.png

Voici celle d’E|rara :
exemplePl12NativeE-rara.png

Et enfin celle de Gallica :
exemplePl12NativeGallica.png

Vous saisissez ??? Il n’y a pas que mon côté bouddhiste et sa voie du juste milieu qui m’a fait choisir E|rara... Regardez les traits supérieurs de la culotte de ce brave garçon, voire les traits verticaux de l’ombre de son mollet gauche ou les horizontaux de son droit. C’est typique et ça se retrouve partout ; Gallica est puissant, scanne comme un malade et montre ses muscles. On s’extasie ; forcément... Mais les petits suisses ont une précision de trait qui frise la qualité de leur horlogerie. Ça tombait bien, ma machine actuelle pédale un peu dans la choucroute alsacienne avec les natives gallicanes. Je ne dis pas ne pas y avoir recours, par exemple dans la problématique évoquée dans la présentation du site au sujet de la Planche 367 ; mais c’est occasionnel, rien de plus. E|rara donne aussi des Planches un peu sombres ; ça se résout en une commande Gimp. Inutile de vous dire que les images natives d’Internet Archive sont hors-jeu dans cette petite compétition. Et croyez bien encore que, philosophiquement parlant, il me soit donné de le regretter... Mais le résultat des courses, au pesé de mes choix assumés, c’est quand même ça :
exemplePl12Commons.png

Et bien le voila mon compromis Jean-René ! J’ai effectivement généralement préféré une courbure à gauche des Planches pour une précision de trait quand bien même cela atteignait, parfois, un peu les Figures et débordait du simple cadre. Si je peux corriger, je le fais ; mais c’est généralement un travail fastidieux. C’est principalement dû parce que je suis, d’abord, un praticien ; ce qui m’intéresse avant toute chose, c’est le détail du trait qui guidera mon geste de métier. Or cette précision de trait, sur écran, par la facilité très aisément acquise de l’usage du zoom, elle est infiniment plus efficace que sur papier. Par exemple, dans le cas de la Planche 187, aussi tordue sur la gauche que soit la version d’E|rara, j’ai choisi volontairement de laisser le dessin en l’état, d’abord parce que, même déformées, les lettres de références des Figures étaient plus lisibles qu’ailleurs (lettre C et U, en haut à gauche de la Figure 1). Gimp est capable de modifier la forme de cette partie du dessin en opérant une distorsion locale, mais cela demande une machine plus puissante que celle actuellement en ma possession. La Planche en question (et celles dans le même cas) attendra donc un peu une publication ultérieure, même si l’actuelle donne cette impression bizarre à la Berline de posséder un toit arrière relevé vers le haut alors qu’il est évident qu’il est, en fait, cintré vers le bas, au même titre que l’avant du véhicule auquel il fait pendant... Je décevrai donc sans doute les bibliophiles qui apprécient plus les vues générales sur papier glacé que les ouvriers ordinaires qui portent une attention plus soutenue à s’attacher au réel. C’est bien connu, on ne peut pas plaire à tout le monde et il n’est pas de choix assumé qui ne reflète une personnalité...

Vous imaginez bien, je suppose, qu’il m’a été, autant que vous, donné d’établir une méthodologie de travail pour le traitement des Planches. Je vous la livre ici telle que je l’ai noté pour moi-même afin de garder une homogénéité de traitement. Et je vous rajoute un commentaire si je le juge nécessaire.

  • « Vérifier s’il est nécessaire de procéder à une rotation et si oui, y procéder. »

  • « Sélectionner au plus près de la marque du cuivre et « Rogner selon la sélection. »

  • « Menu Couleurs / Luminosité-Contraste → environ 40 / 40. »

  • « Menu Couleurs / Désaturer. »

  • « Menu Filtres / Amélioration / Renforcer la netteté → 5,0 - 0,50 - 0 »
     

  • « Pot de peinture avec remplissage d’arrière-plan (Blanc) dans TOUS les trous du dessin. Le seuil à 20. »
    Je ne vais que très rarement au-delà de ce seuil, avec toujours l’idée de préserver le trait. Il m’arrive de faire des parties entièrement à la main (lasso) jugeant que l’automatisme est par trop destructeur. Dans l’ensemble, ce traitement possède l’avantage de bien reconnaître les traits mais juste ceux que l’on choisit. Une texture de bois, par exemple, même à la tonalité très proche de l’arrière-plan, ne sera pas concernée.
     

  • « Menu Image / Mode / Niveau de gris. »

  • « Menu Image / Mode / couleurs indexées. »

  • « Menu Calque / Transparence → Vérifier qu’il n’y a pas de canal alpha ; sinon, le supprimer. »

  • « Enregistrer sur le motif [pl_000_R.xcf] »
     

  • « Blanc en arrière-plan pour nettoyage, à la main, de ce qu’il reste de crasses. »
    C’est un travail très long pour éliminer l’équivalent de vos points gris évoqués plus haut. Dans le meilleur des cas, cela dure au moins une bonne heure. Mais c’est aussi à ce moment-là que je procède quasiment systématiquement à de la restauration, qui demande une certaine réflexion pour ne pas trop « lisser » l’ensemble. Il m’arrive de supprimer des taches en plein « grisé de lignes », reprenant des motifs proches pour les copier-coller quand c’est possible. Il arrive aussi que cela ne le soit pas. Le bas de la Figure 2 de la Planche 335 est ainsi abîmé dans l’exemplaire d’E|rara ; là, j’ai procédé à une restauration, très locale, avec celui de Gallica. Mais cette même Figure 2 de la Planche 335 possédait, après le passage en pot de peinture blanc, encore beaucoup trop de points noirs qui n’avaient pas de sens graphique. Des taches, aussi, sur les rayures horizontales du gris figurant le bois. Tout cela se fait à la main ; tout cela se fait avec réflexion et pesé de choix conscients. Et je suis content du résultat dont je ne suis, pour ce cas précis, plus vraiment capable de savoir où se trouvent les raccords dont j’ai oublié la place exacte.
     

  • « Exporter sur le motif [pl_000_R.png] »

J’ai, bien entendu, établit des raccourcis claviers pour chacune de ces opérations. Mais chacune est aussi faite « en conscience », c’est-à-dire avec une réflexion assumée sur le « trop » ou le « trop peu ». Je vous laisse imaginer que j’ai, quand même, une très grande maîtrise du clavier... Je dois aussi vous dire qu’à la manière des restaurateurs de tableaux, — et même s’il ne s’agit, ici, que d’une version numérique d’une reproduction anastatique — je porte une attention particulière à ne pas « trop » restaurer. Nous avons, sans doute plus de ce côté-ci de l’Atlantique que du vôtre, une grande connaissance et une grande conscience de l’excès restauratoire, souvent inspiré par une productique dont, précisément, l’automatisme détruit la qualité humaine, dans toutes ces imperfections, celles qui, encore, sont si constituantes de ce que l’on appelle le charme... Si le prix à payer pour cette préservation est de devoir passer plus d’un an à la mise en ligne de quatre-cent Planches de l’œuvre d’une vie qui fut si riche en don puisque nos générations en récoltent encore les fruits, c’est pour moi un honneur de me plier à tant de Grâces ! Et c’est encore une force de maîtriser la machine plutôt que de devoir subir ses affres, me laissant devenir son esclave en acceptant, comme c’est encore si souvent le cas, ses prétendues perfections qui ne sont, en fait, que travail bâclé pour gagner sur l’horloge. Cette vision du gain est tout à fait dans l’esprit du XXe siècle ; j’ai pourtant ouï-dire récemment que cela fait dix-huit ans que l’on vient d’en changer. Aussi n’est-ce pas sans plaisir (et pour une fois) qu’il m’est donné d’être à l’heure de ce que je crois définir comme la modernité...

Je vais maintenant reprendre votre propre spécifications et les commenter.

  • Points 1 et 2 : « Reconnaître le cadre » et « Corriger l'orientation »
    C’est une chose dont je vois mal l’utilité parce que Gimp le fait très bien et qu’il arrive souvent que les côtés opposés ne soient pas parallèles. J’aime énormément maîtriser ce genre de chose et ne pas dédier ce travail à un algorithme... Ici comme souvent ailleurs, cela me permet de faire des choix éditoriaux justifiés et assumés.
     

  • Points 3 : « Corriger le cisaillement »
    Vous m’expliquerez ce que vous entendez par là. Une recherche (trop rapide) sur le Web ne m’a pas permis de comprendre.
     

  • Points 4 : « Appliquer un filtre antiparasite correspondant au niveau de noir maximum de l'arrière-plan. »
    C’est un petit peu l’effet de mon pot de peinture blanche. Mais il y a une différence : si une Figure, parce que trop claire, doit être protégée de ce traitement pour en conserver la texture, une simple sélection d’icelle, suivie de l’inversion de la sélection permet, très simplement, de ne pas opérer sur l’endroit en question. Vous trouvez cet exemple sur le « parchemin » de la Figure 1 de la Planche 299 dont les traits d’ombres, très légers, ont été non seulement préservés de tous traitements d’éclairage mais dont j’ai, aussi, légèrement renforcé la profondeur.
     
    Par cet exemple (et, je vous le concède, un peu terriblement), vous trouvez aussi là une très bonne illustration des limites de l’automatisme. Un travail éditorial, pour moi, c’est un travail humain, conscient, responsable. J’y vois, pour ma part, non pas un exercice d’humilité stérile, mais, presque à contrario, une extraordinaire opportunité d’apprendre, de découvrir, de relayer un savoir. Je suis très heureux de ne pas avoir abîmé la Rose de la Figure 1 de la Planche 299 de L’Art du Menuisier d’André-Jacob Roubo ; c’est important les Roses, vous savez...
     

  • Points 5 : « Appliquer ce filtre en mode division »
    Même méconnaissance de ma part que pour le point 3 ; vous saurez m’expliquer plus avant.
     

  • Points 6 et 7 : « Mettre le cadre à dimension fixe pour que toutes les planches soit pareilles au pixel près. » et « Centrer le cadre dans le format voulu afin d’obtenir des marges constantes. »
    Vous soulevez un point énorme qu’il me faut expliquer longuement. Les Planches posées sur Wikimedia Commons ne sont, à l’heure actuelle, absolument pas standardisées dans leur taille en pixels. On a vu plus haut que je me suis attaché à garder scrupuleusement les pixels, à quelques exceptions près, dans la dimension générale donnée par E|rara. Même quand une Planche (comme la 255) présentait de gros défauts j’ai rattrapé le coup en me servant de la version de la version de Gallica (et je laisse votre perspicacité trouver les lieux de collages...), mais toujours en me basant sur la base dimensionnelle des versions d’E|rara, évidement pour garder une cohésion homogène à l’ensemble des 383 Planches. Ne vous y trompez pas ; sur une Planche comme la numérotée 255, il y a plus de deux dimanches après-midi de travail, il n’y a aucun automatisme, mais c’est juste pas-sion-nant... Parce que c’était ici possible relativement facilement, les mauvaises courbures d’E|rara ont disparu sans jamais céder à la version coupée de Gallica. Et le PNG final ne fait qu’un peu plus de 2 mega octets, ce qui est franchement plutôt honnête pour 5203 × 3987 pixels.
     
    Je vous explique tout cela pour vous dire que je ne crois pas une bonne chose de « Mettre le cadre à dimension fixe pour que toutes les planches soit pareilles au pixel près. », tout simplement parce qu’il se trouve quarante-cinq Planches qui dépassent allègrement l’in-folio et que standardiser ce point impliquerait que l’on réduise la qualité graphique des Planches pliées. C’est, chez moi, bien entendu hors de question. « Centrer le cadre dans le format voulu afin d’obtenir des marges constantes. » est de la même eau : cela veut dire redimensionner des proportions différentes des Planches originales alors qu’il est acquis qu’elles sont plutôt hétérogènes. J’ai en horreur absolue ce « passage au moule », cette chose qui fait que les Américains ne sont pas foutus de trouver un éditeur qui puisse faire des Planches pliées à un prix abordable (on est quand même déjà à 120 US-dollars l’exemplaire) alors qu’on est en plein XXIe siècle (expliqué à 07:20 de cette vidéo)... Couper en trois, en pleine reliure et sur un verso, une beauté pareille pour la caser dans un A3, cela me semble le juste reflet de notre lobotomie aux machines. Et, pour moi, les Lumières nous portent exactement à l’inverse de cette prétendue modernité ; jamais je ne céderai ce point focal, même avec leur explication gentillette de la gouttière centrale qui évite la perte d’information. Même si ce brave Léonce Laget, en 1976-77, était loin d’avoir nos moyens techniques, jamais il ne s’est permis ce genre de « crime » éditorial !
     
    Mais je vous concède qu’il peut être utile, dans un cas précis, de rajouter des marges à un multiple entier d’un nombre, pour une raison strictement technique et sans jamais altérer les proportions, ni faire de coupe d’une laideur sans nom. C’est évidemment un essai, les lignes rouges ne sont là que pour visualiser des fichiers graphiques individuels mis en place dans un strict tableau HTML dont le code ne présente pas le moindre secret à la connaissance que vous pouvez en avoir. Elle seront évidemment amenées à disparaître. Chaque carré contient un PNG de 512 × 512 pixels ; précisément. Et là, il a bien fallu rajouter des marges extérieures pour arriver au multiple entier le plus proche du PNG original, tant en X qu’en Y. Je note évidement dans une base tabulaire les dimensions en pixels de chaque Planche. La numérotée 1 fait par exemple 2768 × 4056 pixels. Une bête formule de tableur m’arrondit tout cela :
    =ARRONDI.SUP(2768 / 512) * 512 donne 3072.
    =ARRONDI.SUP(4056 / 512) * 512 donne 4096.
    Plus loin, en colonne, on reconstituera par formule la phrase très « magick » du genre :
    convert ./pl_001_R.png -gravity center -extent 3072x4096 ./pl_001_E.png
    Le tout copié-collé dans un exécutable en fin de course et le tour est joué. La division en carré est de la même eau, toute aussi « magick » :
    convert ./pl_001_E.png -colors 16 -depth 4 -crop 512x512 +repage ./pl_001_%03d.png
    Il y a renommage ultérieur, évidemment automatisé, pour signifier, dans les noms-mêmes des fichiers, les lignes et les colonnes ; j’aime bien l’human readable...
     
    Bref, vous qui lisez le code HTML, vous savez ce qu’est une ancre.
    Donc, en plein tableau, <A name="fig.13"></A> ; donc :
    http://roubo.art/planches/001/index.htm#fig.13
     
    Je ne dis pas que ce sera cela ; c’est un essai, et il est encore tout à fait possible que je décide de fabriquer vraiment des fichiers de Figures indépendants, comme je le faisais, jadis. En vérité, je ne sais pas vraiment où je vais sur ce point précis et je me laisse, aussi, le temps d’y réfléchir. Dans tous les cas, j’ai bien l’idée d’aller à la Figure directement depuis le texte. C’est une autre étape, d’ailleurs passée l’OCR. Mais c’est aussi un des très rares cas où je vois un intérêt à standardiser un peu une dimension parce que cela simplifie énormément le codage. Et encore, même là, on pourrait s’en passer...
     

  • Points 8 : « La résolution devrait être idéalement de 300 dpi. »
    Encore une fois, si votre but est de faire un eBook, alors je suppose que sa destination est infiniment plus destinée à un écran qu’au papier. Définir la résolution dans ce contexte ne me semble pas primordial.

Pour revenir à votre scanner DIY, je suis en train d’en faire un depuis que j’ai commencé à utiliser, pour d’autres projets, le logiciel ScanTailor. C’est malheureusement en panne de développement mais rend quand même d’énormes services, notamment pour les réductions en noir et blanc (purs, format Tiff) à partir de photographies de blocs de texte. Je n’ai jamais trouvé mieux pour faire ce travail en cascade.

Mais je voudrais, pour achever ce post très long, revenir sur votre mention tout aussi finale : « [...] je me demande si vous m'autorisiez à utiliser les vôtres [les Planches] ». Vous n’imaginez pas, je crois, la chance qu’il vous est donné d’avoir un océan qui nous sépare... Avez-vous vraiment lu mon paragraphe sur la licence évoqué dans mon texte de présentation ??? Allez encore voir ce qui est écrit en commentaire au début du code HTML de chaque page du site roubo.art. Allez cliquer, en fin de page, sur le lien de la licence dans le blog que je vais peut-être arriver à tenir sur le présent nom de domaine. Allez encore lire cet article qui ne parle pas d’Orgue (chez moi, pure folie !) mais dont le HTML (mais peut-être pas que...) vous amusera sans doute.

Croyez-vous encore vous trouver en un terrain si « glissant » qu’il puisse déjà mettre fin à notre dialogue naissant ? Croyez-vous encore que mon esprit ne soit pas à ce lâcher-prise, si nécessaire à l’échange, le vrai, celui qui ne compte pas, à fortiori parce qu’il est chez moi si conscient de sa surabondance qu’il n’a pas la moindre malchance de s’affaiblir à l’égratignure égotique ? « Servez-vous et soyez heureux » ; faites quelque chose de cela, reprenez-le à votre compte, diffusez Roubo, ne gardez rien à votre tour ; donnez et donnez encore et vous recevrez, comme j’ai tant reçu, et comme je recevrai toujours davantage, avec ou sans vous Jean-René, toujours au centuple. Vous arriverez à me froisser si vous doutez que je ne puisse m’appliquer à moi-même cette Liberté que j’impose aux autres... Notre société occidentale a tellement perdu cette évidence... Ce « capital » Jean-René, celui qui s’approprie le bien commun au profit du marchand, forcément minoritaire, égotique, je lui pisse à la raie et je lui chie dessus, parce que, jamais, au grand jamais, il n’atteindra mon Verbe, le geste de ma Main, pas plus que mon Esprit.

Avec toute ma gratitude ; à vous tout particulièrement bien sûr, mais aussi à ceux qui nous lisent ou qui y seront amenés.
smile
Sébastien.

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#3 17/04/2018 18:06

jrbastien
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Re : Normes de reproduction des planches

Merci pour cette longue explication.  Il y a tellement de choses à discuter ici, que je ne sais si je vais tout couvrir.

Je comprends maintenant pleinement votre choix.  Je vois que la résolution des planches sur E|rara est incomparable.  Je n'avais pas non plus réalisé que les images que vous donnez sur WikiMedia sont de cette résolution.  Il faut cliquer sur le bouton « More Details » !

Pour se qui est de redresser les coins, pouvez-vous décrire la méthode que vous utilisez ?  J'aimerais l'essayer moi-aussi.  Pour ma part, j'ai expérimenté avec ce greffon de Gimp : Curve Bend Between Paths.  Cela ne fonctionne pas sur des images en couleurs indexées mais il suffit de changer le mode.  Il est aussi important de bien lisser le chemin.  Mais je ne suis pas encore pleinement satisfait des résultats.

Pour ce qui est de la résolution requise pour un eBook sur un Kindle Fire, Amazon recommande une taille de 2880 × 1800 pixels pour permettre d'agrandir l'image à 150%.  La taille peut aller jusqu'à 4800 × 3000 pixels.  Il serait bien qu'un menuisier amateur qui veut essayer de fabriquer un outil ou une moulure selon les instructions de Roubo puisse regarder les images sans avoir à aller à son ordinateur.

Merci pour la discussion sur l'ouvrage de Lost Art Press. C'est très intéressant.

Cisaillement:  Tirez sur les coins opposés (inférieur-gauche et supérieur-droit par exemple) d'une image et vous produirez un cisaillement.  C'est l'effet qu'on remarque en remettant les images de erara de façon parfaitement horizontal.  Il semble que la caméra qui a fait le scan n'était pas parallèle à la surface.  Dans Gimp il y a un outil de cisaillement qui permet de déformer l'inclinaison d'un calque.  Peut-être que c'est le terme qui est utilisé dans ma version canadienne française et qu'il s'appelle différemment en France.

Pour ce qui est de la méthode que j'ai utilisé pour nettoyer les images, elle est expliquée ici en anglais: https://moultano.wordpress.com/2013/11/ … d-physics/.  Vous remarquerez que deux étapes manuelles sont quand même requises.

Voilà, j'ai peut-être oublié une question et un commentaire alors n'hésitez-pas à me la redemander.

Dernière modification par jrbastien (18/04/2018 00:55)

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